27 janvier 2008
La madeleine de Pivoine
*
Mamé et la maison qui chante...
Ma petite Madeleine littéraire, celle que je choisis aujourd'hui, parce que pour moi, elle évoque la tendresse...
Tendresses familiales avant tout, douceur de la voix de ma maman qui me lisait et me relisait cette histoire, tant que je ne savais pas encore lire. Tendresse des choses de tous les jours, ravissement des objets de la cuisine, tasses roses, bleues, cafetière... Tendresse entre les hommes, les humains veux-je dire, et les bêtes... Pourquoi aimé-je tant cette histoire? Elle ne comporte guère de morale, contrairement à d'autres livres pour enfants qui me plaisaient moins. C'est tout simplement une histoire d'amour. Et je voudrais bien devenir une aïeule comme la Mamé de mon histoire, mais je ne sais pas si ce sera le cas un jour... Ou peut-être que les oiseaux seront plutôt des... Chats !
Cette histoire s'appelle " La maison qui chante ".
Texte et images d'Albertine Deletaille, éditions du Père Castor
Voici ce qu'elle raconte.
C'est l'hiver. Mamé, le personnage de l'histoire est une vieille dame, à longue jupe grenat, qui toute transie malgré sa douillette en tricot noir, un fichu sur la tête, quelques mèches folles blanches auréolant un doux visage d'aïeule... Un genre d'aïeule que l'on aimerait bien devenir, Mamé est triste parce que c'est l'hiver et qu'il fait froid. Les enfants, les petits-enfants sont loin. Tant bien que mal, elle se réchauffe les mains autour de sa tasse de café. Sur la table, son petit déjeuner, un reste de tisane peut-être, le journal qu'elle ne lit pas et son tricot abandonné.
J'ai bien envie de tricoter, tiens, j'aimerais bien être une jolie vieille dame qui tricote dans sa maison...
Dehors, les oiseaux sont bien malheureux! " Mamé! J'ai faim! " " Mamé, j'ai soif! " " Mamé! S'il te plaît, ouvre-nous ta fenêtre!" Concert des oiseaux qui n'ont plus d'abri et ne trouvent plus que de l'eau gelée à boire et guère de brins d'herbe ou de vers à dévorer... Alors, Mamé ouvre sa fenêtre et secoue sa serviette. Les miettes s'envolent ! Les oiseaux sont à la fête et s'invitent. Mamé leur ouvre grand la fenêtre...
Et les voilà chez elle comme chez eux, se chauffant au coquetier, mangeant un bout de pain frais, une feuille de salade... Puis, ils explorent l'appartement! Une glace, une coiffeuse, des pots de verre et de parfum, un porte-manteau plein de vieux atours. Les voilà préparant leur nid, pour la nuit.
Et, quand vient le soir, chacun a trouvé sa place, dans la chambre de Mamé...
Qui, le lendemain matin, se réveille dans sa maison qui chante.
Commentaires
C'est beau, j'en frissonne. heureusement qu'il ya de la douceur dans les livres de notre enfance...
Ah!...les trésors du Père Castor... :-)
Je l'aime ta Mamé...C'est une bien jolie histoire...Toute simple mais plus profonde qu'il n'y parait....
Merci.
Je crois qu'une petite fille est tout à fait capable d'entrevoir son destin.
Vous serez la grand-mère qui apporte le réconfort.
C'était écrit, ce livre était fait pour vous.
Quelle jolie histoire!
J'aurais bien aime avoir une Mame...
Tilu, je le pense aussi, c'est parmi les plus beaux souvenirs de mon enfance o:)
Papistache, merci, c'est le plus délicieux compliment que vous pouviez me faire o:)
Janeckza, peut-être en seras-tu une... Qui récitera ou lira des vers et de belles phrases o:)
De rien Klo! Merci aussi pour tes bonnes idées !
C'est trés joli, en effet.
c'est joliment decrit...mais oh grand jamais je ne serai cette mamé là...ou alors sans les oiseaux...lol
Albertine Deletaille
Merci pour ces beaux mots, pas seulement ceux-ci mais tous ceux que j'ai lu sur votre blog.
Albertine Deletaille (qui est ma grand mère) nous a quitté le 2 février, quelques jours après votre e-madeleine.
Vous me semblez très proche de sa nature et de ses goûts simples et radieux à la fois. Je n'ai aucun doute de vous voir devenir une Mamé tout à fait parfaite...
Grand mère aurait pu tenir un joli blog mais elle est née en 1902 et quand les blogs sont arrivés elle était déjà centenaire. Enfin, elle écrivait des lettres, et dans l'une d'elles, elle m'avait écris (ce qui me semble une réponse valable à votre madeleine):
"Août
Comme tous les mois de l'été
amène à Montauroux
les petits, les grands, les jeunes, les vieux
que j'aime de tout mon coeur;
des joies fortes, très courtes,
des conversations qui ne s'effaceront pas,
des moments de beauté, de vérité,
qui resteront,
pour eux comme pour moi."
Je vous relirai souvent, et avec plaisir.
Nicolas Deletaille
Oooh! C'est merveilleux de lire ça. (Klo, tu avais raison, c'est un cadeau magnifique...) Et il vient vraiment au bon moment...
(Moi aussi je découvre le site de M. Deletaille avec plaisir o;)
Je souhaitais te laisser la primeur du commentaire Pivoine.
L'intervention de Nicolas m'a émue...Je peux y lire toute la sensibilité, toute l'infinie délicatesse qui lui a été transmise par sa Mamé.
Nicolas, je n'ai pas été surprise de découvrir que vous étiez musicien, votre grand-mère devait être tellement heureuse de vous entendre.
Oh mon dieux
en retrouvant cette article j'ai des larmes qui me viennent ...votre madeleine est la mienne et en retrouvant la couverture sur ce site j'ai de nouveaux 8 ans ...je réve de trouver ce livre afin de l'offrir en cadeau à ma mére qui me le lisait .....c'est incroyable à quel point la definition que vous faites de ce livre et des conditions dans lesquelles on vous le lisait sont identiques aux miennes ...merci pour cet article ...Merci beaucoup
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