31 mai 2008
Coeur de Marie
Photo d'une amie
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A l'heure des couleurs
Tandis que s'empourpre la vie
Tourner la page
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30 mai 2008
Un grain de sable.
Ce matin, je m'attarde sur des pensées que je devrais chasser. Je regarde ce liquide noir dans mon bol, il est censé me donner l'énergie dont ma journée a besoin. Trois gorgées plus tard, je regrette mon thé doré. Les murs de ma cuisine reflètent les vapeurs du ciel et de gros nuages cachent les montagnes. Je pense à l'absurde de ce travail où je vais me rendre. Il me pèse chaque jour un peu plus. La mise en concurence m'épuise moralement. Les ficelles sont grosses, tellement grosses et les médailles en chocolat à peine digeste mais ça marche, ça roule et je m'épuise à contrer un système qui va finir par m'écraser. Si seulement je pouvais être moins lucide...Il suffit d'un poème ai-je lu quelque part. C'est vrai, les mots changent tous les regards.
" La voyageuse qui traversa les halles à la tombée de l'été
Marchait sur la pointe des pieds..."
André Breton.
29 mai 2008
Consigne 70
Photo de coumarine
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Consigne de Paroles Plurielles
Incipit: "Je sors du garage avec une épouvantable migraine..."
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Je sors du garage avec une épouvantable migraine. Le ciel est gris, un gris souris qui pourrait donner à croire que nous sommes en fin de journée. Le gris est une couleur parfaite pour les fins de jour, pour les fins de vie aussi. Je retourne à la maison sans me presser, à pied, comme je suis venu. J’espère que j’ai laissé la fenêtre ouverte. C’est pas grand chose mais je vais avoir besoin d’un filet d’air, d’une évaporation des odeurs familières.
Le type du garage a été bien. Il m’a tout expliqué. Moi je ne l’ai même pas regardé, j’avais les yeux fixés sur la tôle écartelée. Vous comprenez, il m’a dit, les pompiers coupent la tôle pour désincarcérer plus rapidement. Il a continué à me donner des détails mais j’avoue que j’ai perdu le fil. La réalité c’était cet amas rouge, froissé comme du papier, débité à l’emporte pièce. Il arrive que l’on se sente en sécurité à l’intérieur de ces boîtes en mouvement. On ne devrait pas. A force, je n’écoutais plus du tout le mécano, j’étais littéralement happé par l’acier contorsionné et cette manière de souffrance qui explosait silencieusement. J’ai signé les papiers consciencieusement, il m’a dit que j’avais une bonne assurance. C’est vrai je lui ai répondu, c’est une chance. Il faut croire que la fulgurance de certaines douleurs rend con ou éloigne du sentiment essentiel.
Le ciel est gris et j’ai ces trois petites poupées au creux de la main. C’était la semaine dernière, une sorte de festival ethnique ou tu m’avais traîné. Un gus vaguement déguisé genre aztèque a réussi à te vendre ça en te disant que tu allais avoir un garçon et deux filles. Tu m’as assuré que tu n’y croyais pas mais que tout de même l’idée te plaisait. J’ai dit que c’était nul. Maintenant je me dis que je n’aurais pas du, t’as toujours eu besoin que je cautionne tes petites croyances magiques et ça ne me coûtait rien de le faire.
Le garagiste a dit que c’est tout ce qu’il avait trouvé dans la boîte à gants. Je les serre précieusement maintenant, tes trois espoirs de vie d’une vie que tu n’as plus.
28 mai 2008
L'aveu.
Elle s'est arrêtée. Soudainement. Ses jambes semblaient pourtant vouloir la porter encore. L'herbe qui bordait le chemin était devenu silencieuse. Elle s'est assise lentement, à même le sol et a murmuré : J'ai oublié de vieillir.
26 mai 2008
Du gris au vert paradis
Quelques photos des montagnes de mon Week-End.
De mes montagnes...
Du bleu au gris
25 mai 2008
Du vert au bleu
Photo de metrogirl
Bleu. Bleu c’est étrange. C’est une couleur que je n’ai jamais aimée. Le jour est doux. Je le sens à travers la fenêtre entre-ouverte. Je suis chez moi, mon odeur et plus encore inonde chaque réalité de cette pièce et pourtant ce bleu, ce bleu que je ne m’approprie pas. Il y a cette douleur imprécise derrière ma tête et cette sensation d’étourdissement quand j’avance. J’aimerai atteindre la fenêtre pour voir mais je n’y parviens pas. Les murs sont jaunes. Des murs jaunes, un sol bleu et pas un souvenir qui viendrait me parler de cette association de couleur hasardeuse.
J’entends les bruits de la rue, avec netteté. Fracas de freins et vrombissements de moteurs, voix claires et aiguës, entrelacements de conversations, nous sommes en ville. C’est ça: la ville et ses odeurs qui m’encombrent. Je regarde autour de moi, je cherche des repères, des objets qui me parleraient de moi. Il y a bien ces grosses chaussures beiges devant la porte mais je suis persuadé n’avoir jamais eu à les porter. C’est comme cette veste qui pend sur la chaise, je la connais bien et pourtant je ne me vois pas épouser ses formes. La table basse est encombrée de mille choses, un reste d’apéritif, deux rondelles de saucisson, quelques biscuits soufflés : ça tombe bien, je ne sais pas qui je suis mais je sais que j’ai faim...Il y a des bandages aussi, et des onguents aux odeurs fortes. Voilà qui explique sans doute ce mal de crâne.
J’entends une clé qui tourne dans la serrure, et une voix veloutée qui vient vers moi.
- Hyppolite ?
Si c’est mon nom, je n’aime pas. Il faut espérer qu’elle ne s’adresse pas à moi...Raté… C’est vers moi qu’elle a tourné ses grands yeux bleus, bleus comme ce plastique mou au sol. Elle a du le choisir pour être en harmonie avec son intérieur. Elle a une tête à avoir ce genre d’idées.
- Hyppolite…Tu es réveillé. Ne bouge pas. Mon pauvre tu es dans un sale état. Elle ne t’a pas raté cette voiture. Allez, couché mon chien, le vétérinaire viendra ce soir refaire tes bandages.
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Texte écrit pour la consigne 11 des défis du samedi : "Vous vous levez un matin sans vous rappeler qui vous êtes."
23 mai 2008
Au vert
Je file au vert pour 3 jours.
22 mai 2008
Un jour
Un voyage au ralenti. Une journée sans but vraiment défini. S'attarder, pour le plaisir de s'attarder. Mes pieds nus sur le sol à peine tiède et l'ombre des forsythias y déposant de curieux autant qu'éphémères ornements mauresques. Laisser le temps me glisser entre les doigts. Perdre les minutes, semer les secondes et ne pas se retourner pour les rattraper.
Dédicace
Ma chanson préférée de Brassens.










