01 octobre 2008
Dérobade
Je n'aime pas ce sentiment d'éloignement, ces rivages que je perds de vue, ces regards qui glissent, s'échappent, s'égarent. Ou peut être est-ce moi qui m'échappe...
La fille aux cheveux de lin est en première année de médecine. Elle a besoin de ma présence, de mes mots qui rassurent, des silences qui comprennent. Fils qui a grandit trop vite, a choisi d'apprendre l'allemand que son collège n'enseigne pas et n'a pas obtenu de dérogation. Il a fait le choix des cours par correspondance et je dois le soutenir, prendre le relais de l'institution défaillante. D'autres sourires aussi ont besoin de moi, Lu-Ann, Gudrun et les autres, toutes les femmes de l'atelier d'écriture pour personnes analphabètes que j'ai aidé à mettre en place le mercredi aprés-midi.
Pourtant j'aimerais, j'aimerais trouver le temps de vous dire combien j'ai aimé "La route" de MacCarthy, de vous chuchoter que le disque de Michel m'accompagne souvent durant mes longues journées de travail, que je lis le livre d'un autre Michel à mes enfants, que j'ai tenté des dizaines de fois de vous parler du livre bouleversant d' Isabelle Jarry, "J'ai nom sans bruit", que m'a offert La tartine ou du premier roman policier très réussi de Sébastien. J'aimerais trouver le temps de vous raconter mes yeux au bord des larmes, vendredi dernier, quand une de mes nouvelles a été si bien lue devant la petite salle comble de la bibliothèque municipale. J'aimerais, je vous promets.
Mais le petit train s'arrête ici et je vous remercie tous pour le très beau voyage, tous mais plus particulièrement Coum et ses Paroles Plurielles.
Je ne suis pas loin, je vais continuer à vous lire et à écrire aussi ici et là.
Je vous embrasse.
28 septembre 2008
Interlude
Profiter des derniers rayons de soleil, de ceux qui chauffent encore un peu les mains et l'intérieur blanc si sensible des bras. S'asseoir contre le mur jaune et écouter le flot ralenti, presque muet des secousses de la rue. Se dire que l'on aime ce jaune, qu' il y a des couleurs qui, mieux que d'autres, portent la lumière. Se faire surprendre par la vivacité de leurs deux voix entremêlées. Promettre de leur faire des gaufres pour le goûter. Fermer les yeux et sourire.
20 septembre 2008
Par la fenêtre
Il y a ce voile de brume accroché à la cime des arbres, puis cet homme qui sort de sa voiture et que je regarde à distance. Il tripote sa ceinture et se recoiffe de la paume de la main droite. Quand ils ne se savent pas observés, les gens ont ce naturel que j'aime. S'il me voyait, il se redresserait, il prendrait cet air important, presque arrogant, que je lui connais. Je souffle sur la vitre. Quelque soit l'angle, nous n'accrochons jamais l'entière réalité.
13 septembre 2008
Rose et Valentin
Sous un plis de tulle,
Le bonheur.
11 septembre 2008
Matin velouté
La nuit s'échappe et j'aperçois sur les arbres, les premiers frôlements du jour. Une nuit à dormir comme une amoureuse réconciliation avec l'astre des ténèbres.
" Ich ruf zu dir" joue le pianiste. M'appelle-t'il vers des glissements heureux ?
07 septembre 2008
Le royaume des disparus
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Je me suis assise pour écrire. L'obscurité recouvre les montagnes depuis longtemps. Les voilà si différentes de ces plantureuses, vertes et accueillantes, qui ondulaient tantôt sous le soleil encore chaud de l'été finissant. Je préfère ces royaumes sombres, qui s'étirent comme des toiles de Friedrich à la beauté obscure et dans lesquelles on brûle de pénétrer ou de disparaître. J'ai laissé la télé allumée dans l'autre pièce, est-ce dans le secret espoir de voir ces voix inconnues, lointaines et engourdies, briser mon angoisse ou ma solitude ? Des nuits à ne pas dormir, prisonnière de ce serrement ténu qui glisse comme une ombre entre la nuit et la tiédeur de ma peau. Des nuits à attendre sans toujours savoir ou plutôt sans ne jamais savoir ce qu'il convient d'attendre. Il y a cette odeur de pêche écrasée qui sort de la cuisine et que j'aime. "La nuit avait une odeur de pêche écrasée..." C'est un beau début de roman. J'écoute une danse slave de Dvorak, la plus mélancolique, je m'en abreuve comme d'une drogue à farder le réel.
Ce n'est pas une heure pour écrire, c'est une heure pour s'enfouir. Je suis née pour m'enfouir, faute de savoir m'enfuir. La nuit avait une odeur de pêche écrasée...
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02 septembre 2008
Rentrée
J'avais dit 7 heures, mais il était là beaucoup plus tôt, les yeux un rien fatigués et le regard bien brillant. Il a longuement hésité devant son placard, il est à l'âge où les vêtements ont leur importance. Il a essayé deux ou trois tenues puis choisi un très basique "jean-tee-shirt". Ses petites joues roses et gonflées, j'ai envie de les manger. C'est le dernier de mes enfants à avoir encore ce côté poupin, cette peau douce et translucide contre laquelle on resterait des heures entières. Je suis heureuse de l'accompagner.
31 août 2008
Revers
J'avais donné mon amitié. Je la donne rarement. Un temps a existé où je la donnais trop facilement. En ce temps là, le sourire d'un étranger était une friandise précieuse, une sorte de cadeau qui ouvrait grand toutes mes portes. J'ai appris la vie, les remparts indispensables, les fortifications de l'âme qu'il faut invisibles, mais infranchissables.
J'avais donné mon amitié. Depuis longtemps. De très nombreuses années. Bien sûr, au cours du temps, j'avais surpris les détours accidentés, les malhonnêtetés, les faiblesses en somme. Elles n'étaient pas dirigées contre moi, alors, je fermais les yeux, je tentais de comprendre, d'expliquer, d'aider. L'amitié se nourrit aussi des faces sombres de l'autre.
J'avais donné mon amitié. J'ai eu tort. Ni haine, ni besoin de revanche, ni même d'explications. Juste l'envie de vite, très vite tourner ces pages qui ne méritaient ni de s'écrire, ni de se lire.
24 août 2008
Les années miroir
Utamaro
38 ans
Mais cette étrange impression d'avoir plus.
Beaucoup plus...
14 août 2008
Air pur
Sortie "Via-Ferrata" pour mes garçons...
C'est beau la nature !











