La valse des petits riens

Le simple plaisir d'écrire.

27 septembre 2008

L'envers et l'endroit

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Les défis du samedi c'est ici

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16 septembre 2008

TANGO

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Ecrit pour les fanes...

Les images défilaient, et, le front abandonné contre la vitre du train, je naviguais sur les vagues successives de territoires inconnus. De longs dégradés verts. Des plongées de nuages frôlant des collines dont je fixais à peine la forme. Elle est enivrante cette impression de posséder totalement un paysage, puis de le perdre dans l’oubli, en passant au suivant. Au suivant, chantait le poète, au suivant. Depuis toujours, je ne faisais que flirter avec l’envie du suivant, incapable de jouir d’un bonheur présent, toujours en attente d’un ailleurs, d’un mieux, d’un parfait à faire cogner les battements de mon âme. Des voyages en train, j’aimais le tressaillement de la vitesse contre mon corps et aussi cette liberté de puiser, dans le regard neuf des autres passagers, les moyens de me donner des airs de quelqu’un d’autre. Perdre mon regard pluvieux sous le masque de la séduction ou celui de l’innocence. Un jeu à faire passer le temps et à ranger mes désordres d’enfant.

L’arrêt.

Le quai vide.

Les corps qui s’agitent et s’engouffrent avec un instinct de survie supérieur dans le circuit de l’existence.

Moi, en suspens dans un semi-rêve, descendant instinctivement une petite valise noire du porte-bagages voisin.

Les verrières de la gare de Lyon ne donnent leur lumière qu’au faîte de la journée or en cet instant le jour achevait de mourir. Je me suis assise à la table d’un café pour voyageurs et j’ai espéré qu’il vienne. L’attente. Une tasse d’un café plus noir que ses yeux posée en bordure de table. Il avait dit qu’il serait là. Et ma gorge se serrait doucement comme quand j’étais enfant et que je comprenais en suivant les regards qui ne s’arrêtaient pas sur moi que je ne serais jamais la préférée. Je me suis réfugiée dans l’idée que les élèves de son cours de piano avaient eu du retard. Et, sur une vieille partition de Brahms, où il m’avait annoté les doigtés de la main gauche, j’ai cherché le délicieux frisson de son rire au matin. C’est à ce moment là qu’elle s’est avancée pour demander quelques pièces. Le regard bleu, souillé par les caniveaux de la vie. Je lui ai demandé de s’asseoir, puis, avec cet odieux sentiment de me croire quelqu’un de bien vrillé au ventre, j’ai commandé un sandwich. Elle a mangé sans rien dire. Puis, avant de partir, jetant un œil sur les dépôts du brouet mal filtré au fond de ma tasse, elle a pris ma main avec intensité pour me dire :

« Le serpent, le serpent dans ta tasse,

c’est la trahison, la trahison pour toi. Méfie-toi ».

Mon regard qui dérape sur la bordure des quais, qui accroche le vide parce qu’il lui est de toute façon destiné.

Ma main qui arrête une larme, puis deux.

Le quai était toujours vide et ma tête collée contre la vitre d’un train repartant vers le sud. Peut être était-il venu finalement. Trop tard. Sous la lumière artificielle d’un wagon de seconde classe, je rêvais déjà au suivant.

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14 septembre 2008

Eperdument

Consigne 26 des défis.

.

Ils m’ont souvent demandé, avec cet air subtilement condescendant, si j’en rêvais aussi la nuit. Je levais les épaules en souriant gentiment…ça ou autre chose je leur répondais.

A quoi bon tenter de leur expliquer : je n’en rêvais pas la nuit, elle était mes nuits.

C’est dans mes rêves d’enfant que je l’ai vue pour la première fois. Elle n’était ni aussi belle, ni aussi aboutie qu’elle l’est maintenant, mais elle avait déjà cette fragilité, cette façon de braver les équilibres naturels, comme suspendue entre terre et nuages.

Ce n’est que plusieurs années après, alors que nous prenions nos premières vacances à la mer, que je l’ai, à la chaleur moite du sable se courbant sous mes doigts, délivrée de son carcan chimérique. Du sable, elle avait bien sûr la beauté instable et passagère, mais elle prenait néanmoins corps avec une intensité étourdissante.

A cette époque, mon père déjà, se moquait des ébauches, des croquis et maquettes qui encombraient ma chambre. Or, je n’étais pas de ces adolescents qui s’affirment, j’étais de ceux qui emprisonnent leurs rêves et qui suivent le droit chemin pointé par leurs aînés sans autres discussions.

C’est devenu comptable chez maître Chifrellan, comme l’avait, en son temps, été mon géniteur, que l’irréfragable envie de poser la première pierre de ce rêve se dessina à nouveau. L’ennui de mes journées passées entre passifs et chiffres noirs ? La fadeur du mur de la cour qui constituait notre seule échappée vers l’extérieur ? Je ne sais ce qui m’y décida, mais je pris, dès lors, l’habitude de consacrer mes poses à l’élaboration des épures et dessins qui, le soir même, guidaient mes mains.

Je ne faisais guère attention aux rires nerveux de mes compagnons, aux gloussements et autres mimiques bouffonnes qui cimentaient leur misérable cohésion à me croire fou ou au mieux farfelu. Tout mon intérêt était dirigé à son endroit. J’élaborais la conception de mon ouvrage, j’organisais le déroulement de mes nuits, entre sommeil, déplacement de matières et érection.

Pourquoi la nuit ?

Mais…Ce qui se jouait en secret au fond de mes vergers, en lisière de bois, dépassait les limites de l’imagination dont mes concitoyens étaient capables. Et puis, je la voulais pour moi, pour moi seul.

Vous dire à quel point j’ai aimé reposer de tout mon long sur sa peau granuleuse, parcourir de mes mains abîmées ses ogives charnues, brûlantes du soleil de midi, bercer mon regard de l’ombre que faisait la lune sur ses courtines fuselées, les mots me manqueraient.

Je l’ai espérée comme on espère un amour unique, et, au soir de ma vie, si je vous écris à vous, qui un jour nous découvrirez, elle et moi, c’est pour que vous compreniez que nul ne doit jamais nous séparer.

Elle

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04 juin 2008

Il faut rire et manger

Cloudy me le demande...Alors.

1/ Un aliment que je n’aime pas du tout:

Les tripes.

"10 jours sous une benne !" disait mon grand-père. Je ne suis pas certaine que dix jours me suffiraient...

2/ Mes aliments favoris:

La confiture d'abricot, le miel de lavande, le pain chaud voilà ce qui me fait envie en cette heure matinale.

3/ Ma recette favorite Celle que je réalise toute seule, sans l’aide de personne :

Celle dont je suis fière ? Ma tarte aux citrons meringuée.

4/ Ma boisson de prédilection

Le thé.

5/ Le plat que je rêve de réaliser

Les macarons.....Je les rêve à la pistache, à la violette, aux pétales de rose. De jolis macarons aussi beaux que bons.

6/ Mon meilleur souvenir culinaire

Le "gâteau de foie et ses petites quenelles envoilées de sauce tomate" de ma grand-mère. L'odeur du fourneau à bois, l'eau de source de la fontaine et le rire canaille de mon arrière-grand-père qui allaient avec.

J'offre ce tag à qui veut nous réjouir les sens.

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25 mai 2008

Du vert au bleu

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Photo de metrogirl

Bleu. Bleu c’est étrange. C’est une couleur que je n’ai jamais aimée. Le jour est doux. Je le sens à travers la fenêtre entre-ouverte. Je suis chez moi, mon odeur et plus encore inonde chaque réalité de cette pièce et pourtant ce bleu, ce bleu que je ne m’approprie pas. Il y a cette douleur imprécise derrière ma tête et cette sensation d’étourdissement quand j’avance. J’aimerai atteindre la fenêtre pour voir mais je n’y parviens pas. Les murs sont jaunes. Des murs jaunes, un sol bleu et pas un souvenir qui viendrait me parler de cette association de couleur hasardeuse.

J’entends les bruits de la rue, avec netteté. Fracas de freins et vrombissements de moteurs, voix claires et aiguës, entrelacements de conversations, nous sommes en ville. C’est ça: la ville et ses odeurs qui m’encombrent. Je regarde autour de moi, je cherche des repères, des objets qui me parleraient de moi. Il y a bien ces grosses chaussures beiges devant la porte mais je suis persuadé n’avoir jamais eu à les porter. C’est comme cette veste qui pend sur la chaise, je la connais bien et pourtant je ne me vois pas épouser ses formes. La table basse est encombrée de mille choses, un reste d’apéritif, deux rondelles de saucisson, quelques biscuits soufflés : ça tombe bien, je ne sais pas qui je suis mais je sais que j’ai faim...Il y a des bandages aussi, et des onguents aux odeurs fortes. Voilà qui explique sans doute ce mal de crâne.

J’entends une clé qui tourne dans la serrure, et une voix veloutée qui vient vers moi.

- Hyppolite ?

Si c’est mon nom, je n’aime pas. Il faut espérer qu’elle ne s’adresse pas à moi...Raté… C’est vers moi qu’elle a tourné ses grands yeux bleus, bleus comme ce plastique mou au sol. Elle a du le choisir pour être en harmonie avec son intérieur. Elle a une tête à avoir ce genre d’idées.

- Hyppolite…Tu es réveillé. Ne bouge pas. Mon pauvre tu es dans un sale état. Elle ne t’a pas raté cette voiture. Allez, couché mon chien, le vétérinaire viendra ce soir refaire tes bandages.

__________________________

Texte écrit pour la consigne 11 des défis du samedi : "Vous vous levez un matin sans vous rappeler qui vous êtes."

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17 mai 2008

Samedidéfi

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Photo Robert Sartori

*

Offrir la lune

Encore rougissante

Des frôlements de sa nuit.

*

*

Consigne du défi.

Les textes.

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03 mai 2008

Samedidéfi

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Cette semaine

" Si j'étais invisible..."

C'est ICI

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21 avril 2008

Louise

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Amusement à quatre mains avec Val

Incipit :" La passion des femmes" de Sébastien Japrisot .


Je ne dirai ni le jour, ni le mois, ni l'année. Ni où la chose m'est arrivée. Si ce récit tombe sous les yeux de qui me connaît, je ne veux pas qu'on puisse faire le rapprochement avec celle que je suis devenue. De toutes façons cela n’a aucune importance. Ce flou ne gêne en rien la compréhension. Seuls les faits comptent. Je ne veux restituer que l’événement dans sa forme la plus brute.

Tout est si limpide, à présent. Chaque détail me revient avec une précision déconcertante. Il pleuvait. Je sentais de fines gouttes d’eau se déposer dans mes cheveux, puis descendre le long de mon front. J’étais trempée, et mon corps frissonnait au contact du vent. J’étais perdue. Le paysage autour était dissimulé sous un épais brouillard. Je me concentrais pour tenter de distinguer un chemin, un panneau, une maison.

Ce matin là, un besoin oppressant de partir avait griffé les rives de mon discernement, une envie impérieuse comme une épine malsaine piquée en pleine chair et que l’extraction seule soulage. Alors au carrefour d’en bas, quand le feu était passé au vert je n’avais pas tourné à gauche comme tous les matins pour aller garnir les rayons de la supérette qui m’embauchait mais à droite en direction du soleil. C’est arrivée en haut du col que j’ai vu que ma réserve d’essence était au plus bas. Il était à peine 10 heures et j’étais seule sur cette route de montagne déserte. Sans le vent glacé et la pluie dense j’aurais sans doute trouvé la situation romanesque. De toute façon, à cette époque tout ce qui de près ou de loin m’éloignait de la crasse de mon quotidien me semblait romanesque.

Il pleuvait et je cherchais. C’est l’esquisse d’une lumière rouge crevant la brume qui a orienté mes pas sur un chemin de terre, une sorte de sentier de randonnée qui s’échappait de la route. De longues crevasses sur ses bords indiquaient que de nombreuses voitures l’empruntaient. Mes pieds s’enfonçaient dans la boue, ma jupe ruisselante me dessinait comme une seconde peau accentuant le bombé de mes cuisses, je marchais depuis de longues minutes, j’étais épuisée. Un chien battu aurait eu plus fière allure. Je me souviens mon soulagement mais aussi ce sentiment d’angoisse diffus quand au bout du chemin mon regard s’arrima à une grande bâtisse de pierre soigneusement restaurée avec sur la façade un moulin rouge clinquant qui clignotait avec application. Je n’en croyais pas mes yeux. Je n’étais passée devant qu’une seule fois, j’avais déjà vu des affiches le représentant, des photos de lui… Comment était-ce possible ? En haut de cette montagne, au milieu de nulle part, se trouvait une réplique du moulin rouge. La surprise passée, je me suis dit qu’il appartenait peut-être à un amoureux du music-hall, qui en avait construit une réplique pour lui seul, dans cet endroit reculé. Peut-être avait-il été réalisé par un architecte pour une ancienne danseuse nostalgique ? La pluie redoubla, et arrêta là mes interrogations . J’avais froid, j’étais trempée, et il fallait que je trouve de l’aide, ou du moins un abris. Je m’approchai de la porte vitrée, au-dessus de laquelle Moulin Rouge était inscrit en lettres capitales et lumineuses, et je fut surprise qu’un portier m’ouvrit aussitôt. L’homme, plutôt rustique d’apparence, ne sembla nullement étonné par ma présence et alors même que je m’apprêtais à raconter mes mésaventures il s’adressa à moi d’une voix grave :

- On avait fini par croire que vous ne viendriez plus. Je m’en vais dire au patron que vous êtes là. Pour sur, z’auriez du passer par la route du devant, celle-ci quand il pleut, elle n’est pas facile en voiture. Allez, entrez vite.

Je ne me fis pas prier : me mettre au chaud, voilà une grosse demi-heure que j’en rêvais. L’homme parti chercher celui qu’il appelait « patron » et je profitais de son éloignement pour faire glisser mon regard de long en large. Le hall était immense, il donnait sur une salle de spectacle rouge et clinquante tout aussi grande. La finalité de cet endroit me sembla claire, tout autant que la méprise du « patron » quand il vint à ma rencontre. Il attendait une danseuse, il pensait que j’étais cette personne, et sans que je puisse aujourd’hui m’expliquer pourquoi, je ne le détrompai pas.

« Ah, te voilà enfin ! Je savais que tu finirais par revenir ! Si tu savais comme je t’ai attendu, Louise… Tu n’as pas changé. Prépare-toi. Ce soir, tu es ma tête d’affiche comme au bon vieux temps. Comme avant, Louise ! Tu m’entends ? Comme avant ! Je te laisse l’après midi pour te reposer et te préparer. Paul va te conduire à ta loge. Une loge rien que pour toi, Louise! Ce cabaret t’est entièrement destiné ».

Cet homme semblait si sincèrement ému que je n’osai pas le contredire. Et puis, pour être tout à fait franche, une petite voix intérieure m’ordonnait doucement de ne pas me m’opposer. J’avais toujours rêvé, comme une chose impossible, de lever la jambe très haut, entourée d’hommes saoulés par la fête, et de m’enivrer à la fois de danse et de leurs souffles alcoolisés. Moi, la jeune femme rangée et sérieuse, j’avais toujours lutté contre toutes ces folies que m’imposait mon monde imaginaire. Mon éducation, le regard des gens, ma moralité, m’avaient toujours empêché d’écouter mes envies. Depuis que j’étais femme, je me faisais violence pour les refouler. Ce jour là, j’étais lasse. Lassée de lutter et prête à l’abandon. D’autant plus que cet abandon pouvait se faire ici, dans cet endroit reculé, presque irréel. Bien à l’abris du regard de mes proches. « Ce soir, je serai Louise », m’étais-je dis, tremblant d’excitation et d’appréhension à la fois. Je suivi ce Paul, qui m’avait ouvert la porte quelques instants plus tôt, dans d’étroits couloirs aux lumières tamisées, aux murs tapissés de moquette rouge, et parés d’affiches de spectacles et de portraits de danseuses. Il s’arrêta devant une porte de loge, sur laquelle était accrochée une affiche très célèbre que je reconnu immédiatement. Juste au-dessus, je vis une élégante plaque rouge sur laquelle un nom en lettres argentées était gravé : Louise Weber. Je dois bien l’avouer, si je n’avais aucun doute sur le genre artistique de la maison, ce nom et ce prénom ne représentaient rien pour moi. Une danseuse, une danseuse de charme à laquelle je devais certainement ressembler, voilà ce que j’avais pensé en glissant mes jambes encore tremblantes de froid dans les jupons de dentelle fine.

Ce sont les gravures qui tapissaient les murs de la loge qui m’ont guidée ce soir là, la courbure de leurs corps, l’arabesque nerveuse de leurs jambes, le déhanché aguicheur de leurs reins. C’est en pensant à elles que je me suis essayée sur la scène sur une bande son tapageuse et un rien démodée. Ne semblant voir aucune de mes hésitations le patron jubilait, sa face se gorgeait d’enthousiasme et il déblatérait sans fin sur l’extraordinaire première qui s’annonçait. Vous dire ce que l’on ressent la première fois, la première fois que la clameur de la salle vient vous étreindre. C’est une sensation impossible à décrire, quelque chose entre l’orgasme et la brise légère qui balaye le visage de l’alpiniste qui vient de vaincre l’Everest. Toute en frénésie de dentelle, je glissais sur les quadrilles, j’encanaillais l’échancrure de mes corsages, je laissais le désir de ces hommes dont je ne savais rien se glisser comme le plus fin des rubans le long de ma peau soyeuse. Il y eut ce premier soir, et tellement d’autres soirs. J’étais la reine, la « Goulue », le centre de toutes les attentions, de toutes les convoitises et enivrée, boulimique de leurs passions, du feu de leurs prunelles, je dansais à m’en perdre. Certains soirs, si je laissais divaguer mon regard, monter les vapeurs de l’alcool, j’apercevais Toulouse Lautrec recroquevillé sur un coin de table à croquer ma silhouette.

Combien de jours, de mois, d’années : ça n’a plus d’importance. J’ai retrouvé un beau matin le chemin du soleil que j’étais partie chercher. J’ai laissé pousser mes cheveux, pris quelques kilos et personne n’irait imaginer Louise derrière cette mère de famille douce et attentive qui accompagne deux petites têtes blondes sur le chemin matinal de l’école. Et pourtant, sous les secrets replis de mon écorce, Louise brûle encore.

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05 avril 2008

Défi du samedi

Je me prête au jeu de Janeczka

Mme (insérer nom de notre choix) a été retrouvée morte chez elle, dans d'étranges et d'atroces circonstances. En 5 lignes, donner:

Le nom du coupable

L'arme du crime

Le motif

Introduit par cette phrase: "Le Commissaire (nom a choisir encore), a peine arrive sur les lieux, déclara:..."

Emma Delaine était étendue sur le sol, un sourire béat figé sur son visage rond. L'ordre et la propreté du petit salon rose étaient impressionnants, à peine pouvait on apercevoir quelques brisures de ces alléchantes tartelettes qui composaient le goûter de la friande demoiselle.  Ce paisible tableau fit dire au jeune brigadier qu'il s'agissait probablement d'une mort naturelle.

Pourtant, le commissaire Thomas Carron, à peine arrivé sur les lieux déclara:

-" Allez me chercher André Clerc, le pâtissier, c'est lui l'assassin."

Et pour répondre au regard interloqué de son jeune collègue ( et du votre aussi je le devine ...lol), il parla de la liaison à peine dissimulée qui liait ces deux là et du diabète dont souffrait  la trop gourmande coquette.

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24 mars 2008

Optimisme

Aprés Janeczka,

Seb me demande de donner trois définitions de l'optimisme.

*

L'optimisme décliné pour moi de ces trois façons:

"Un espoir, une chose légère, une chose importante."

*

*

L'optimisme, c'est garder près de soi,

une chose neuve, une chose ancienne,

une chose bleue, une chose prêtée...

Pierre_bleue

L'optimisme, c'est acheter sur un coup de tête

les ingrédients nécessaires à l'élaboration

de macarons à la pistache.

macaron_pistache

Mais,

L'optimisme, c'est avant tout

donner la vie...

Bebe_25*

*

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