La valse des petits riens

Le simple plaisir d'écrire.

06 mai 2008

Un siècle de Novembre

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Il y a cet homme que l'on sent paisible et accompli au milieu de ses pommiers sur l'île de Vancouver à qui  le destin va enlever successivement sa femme Laura et son fils Billy. Charles Marden va alors entreprendre, comme une évidence, un long voyage pour gagner les Flandres et poser ses pieds sur cette terre qui a englouti son fils et où la guerre s'éteint doucement. En route, il comprendra qu'une jeune femme le précède et c'est vers elle aussi que sa quête le conduit.

Il y a de la dignité et de la retenue chez Charles Marden, une émotion pleine mais sans aucune tendance à glisser vers le larmoiement. Une douleur brute, sèche et efficace, de celles qui permettent d'avancer. Presque tous les personnages rencontrés pendant son périple sont à cette image, intenses et graves. Des bribes de vie que l'on oublie pas, des espoirs et des renoncements et le silence qui transporte cet essentiel qui ne peut plus se dire. On glisse avec lui le long de ces paysages ravagés, sous le vent sec, avec les odeurs, les gris et l'atmosphère délavée des tranchées.

Ce livre est la rencontre d'un père avec les derniers jours de son fils mais, au delà, un message universel auquel je ne trouve pas de mots, sans doute parce qu'il se comprend mieux sans.

Merci à Antigone de m'avoir permis de lire cet essentiel livre voyageur.

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22 février 2008

Vie secrète

Noir

" La vie de chacun d'entre nous n'est pas une tentative d'aimer. Elle est l'unique essai"

Pascal Quignard

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24 décembre 2007

Une pensée

" Presque aucune des routes où j'ai aimé m'engager, et qu'aujourd'hui encore j'aime reprendre, qui ne m'ait été, qui ne demeure, comme une ouverture musicale, qui n'ait remué devant moi au bout de sa perspective les plis et les lumières d'un rideau tout prêt à se lever " Carnets du grand chemin.

Julien Gracq

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19 octobre 2007

La bénédiction inattendue

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Voilà un univers habité par l'étrange, à la frange du dérangeant, comme je les aime.  Sept histoires, pas des nouvelles, des histoires qui se croisent, se tissent et s'entrecroisent. La perte, la disparition et l'abandon sont au centre de l'imaginaire de Yoko Ogawa. Un frère qui n'est plus, un amant qui se détourne, les fractures du quotidien, la révolte des corps et cette touche de magie, cette sensation jubilatoire que nous avons d'entrer dans l' illusion  sans y être vraiment....ni d'un côté ni de l'autre du miroir. J'ai souvent pensé au voyage de Chihiro de Hayao Miyasaki . Elle explore ses peurs, elle dissèque nos peurs, en donnant vie à des personnages qui bien que souvent fantomatiques ont une présence et une épaisseur incroyable.

J'ai aimé le voyage.

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07 octobre 2007

L'élégance du hérisson

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J'ai un mouvement arrière pour tous les livres qui ont trop de succès....En général je n'y trouve pas ce que je viens chercher car de l'orange il n'y a souvent que l'écorce vive et lustrée, les saveurs intérieures sont sèches, le jus et la pulpe en option. L'élégance du hérisson, pour moi, c'est un peu ça, une belle idée qui aurait pu se développer de manière fine et généreuse et qui reste au stade de l'exposé brillant.

Renée est la concierge du 7 rue Grenelle, elle joue les concierges de base en cachant sa culture, Paloma petite adolescente surdouée se cache elle aussi derrière un paravent de quasi normalité. Seul Ozu le japonais nouvellement arrivé dans l'immeuble découvrira la vrai nature de ces deux là. Une critique de la bourgeoisie bien pensante...une critique un peu rapide et manichéenne mais souvent drôle il faut le reconnaître.

Les personnages sont posés....le décor est planté..et alors ?

Et alors rien...Ils sont creux et vides ces personnages. Riches d'une culture ou d'une intelligence supposée dont ils ne font rien. Renée je l'aurais aimée généreuse et je la trouve acariâtre....enfermée sur elle même avec toute cette culture qu'elle pourrait offrir....sauf que...j'ai l'impression qu'elle n'estime pas les autres assez bien pour la recevoir et c'est bien là tout le problème du roman....on remplace la supériorité de l'argent par une pseudo supériorité intellectuelle qui n'en est pas une car l'intelligence est multiple et la culture à la portée de tout un chacun.

Je ne dis pas qu'il n'y a pas du vrai dans le thème déployé...mais il fallait aller plus loin....découper les écorces faire vivre les personnages.

Et puis sur la fin les rapports Ozu / Renée tombent dans une mièvrerie qui m'a vraiment dérangée....nous n'étions pas parti dans un roman de gare que diable....j'avais l'impression de lire les rêves éthérés d'une adolescente bercée de contes de fées.

Non, décue, déçue je suis car le thème me parlait...Il me parlait sans doute trop....J'aurais aimé aimer. Quand on connaît certaines choses on en veut sûrement à ceux qui ne les racontent pas avec la justesse que l'on voudrait....avec l"empathie que l'on aimerait.

Et puis surtout dans un livre la langue n'est pas tout.....Ici elle est brillante et délectable MAIS pour mon goût superficielle.

Hier, mon prof de piano à qui je me plaignais de mes trop grandes lacunes techniques m'a dit cette chose très juste: tu as la musicalité, tu as donc tout, la technique n'est que travail.

Ah...Si une dernière chose : elle a raison Muriel Barbery , Didon et Enée de Purcell c'est somptueux.

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04 octobre 2007

Au théâtre ce soir...

lagarce_findumonde

Levée, habillée, restaurée.

Prête à  rejoindre

Les dossiers, les classements, les statistiques.

Mais ce soir...

Des mots, de l' émotion, de l'essentiel.

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24 septembre 2007

MAX JACOB

C'était hier dans l'après-midi, Arte rediffusait " Monsieur Max" un téléfilm avec Jean-Claude Brialy et moi je cherchais une activité pas trop désagréable pour m'occuper l'esprit tandis que les mains s'activeraient sur la planche à repasser.

Que dire de mon émotion....Une émotion rare. De Max Jacob je ne savais rien...Depuis hier je veux tout savoir, je lis tout. Il avait cette élégance des hommes purs, cette légèreté des esprits à l'intelligence bienveillante. Quand on découvre un être de cette richesse on a envie de croire .

Max Jacob: Poète français d'origine juive converti au catholicisme en 1915 et mort au camp de concentration de Drancy en 1944.

chapeau

*

Je garde dans la solitude

Comme un pressentiment de toi.

Tu viens ! Et le ciel se déploie,

La forêt, l’océan reculent.

*

Tous deux le soleil nous désigne

Par-dessus la ville et les toits

Les fenêtres renvoient ses lignes

Les fleurs éclatent comme des voix.

*

Lorsque ton jardin nous reçoit,

Ta maison prend un air étrange :

Comme un reflet la véranda

Nous accueille sourit et change.

*

Les arbres ont de grands coups d’ailes

Derrière et devant les buissons.

La vague, au loin, parallèle,

Se met à briller par frissons.

*

Je garde dans la solitude

Comme un pressentiment de toi.

Tu viens ! Et le ciel se déploie,

La forêt, l’océan reculent.

*

                                                                                                      

Max Jacob

Actualités éternelles, Romance, éd. La Différence, 1996

Le texte en chanson

http://poesievive.org/spip.php?article36

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30 août 2007

Edith Azam

C'était il y a un mois...j'en avais déjà très brièvement parlé.

La roseraie se donnait des airs de vacances en accueillant des transats rayés-acidulés sur sa pelouse.

Les transats attendaient des oreilles, des oreilles habituées aux beaux mots, des oreilles aimant les chuchotis volubiles et les glissandos poétiques.

Je me suis installée.

Elle aussi.

Et, à sa table, devant cette rangée de transats et d'oreilles attentives, elle a commencé sa lecture.

*

Décrire ? Impossible.

Vous donner à comparer ? Tout autant.

Malaise, émotion, violence, intérieur en vibration, fragile, elle fragile, moi fragile.

Malaise.

Cette manière de lire, de dire, d'entrer dans le corps

à la frontière de nos peurs irraisonnées.

Elle parle à cette sphère oubliée en nous que l'esprit ne contrôle pas....

Animale, archaique.

Gollum....Gollum jusqu'à la nausée car cette folie me percute et me reconnait.

*

Pourquoi parler à nouveau de cette jeune femme ?

Parcequ'il y a ces choses agréables que l'on vit et qui passent comme un envol de papillon.

Et puis il y a ces émotions qui restent....qui nous travaillent les entrailles....qui cheminent encore des jours des mois plus tard.

Si vous croisez son chemin.....allez l'écouter....tentez de l'entendre.

C'est un voyage éprouvant.

Mais, elle ouvre des portes que personne n'avait ouvertes avant elle.

http://poezibao.typepad.com/poezibao/2006/10/edith_azam.html

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09 août 2007

La belle écriture

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" La belle écriture "

Que dire de ces livres rares.....Vous savez, ceux qui vous touchent l'âme et s'immiscent en vous aussi facilement que si vous aviez pensé et couché les mots vous même. D' évidence, il y a de moi dans ces mots là, dans cette femme, cette mère qui se raconte à son fils à travers la si belle écriture de Chirbes.

Avec infiniment de pudeur elle dépose sa vie entière, effleure ses sentiments, ses troubles, parle de ses espoirs de bonheur, de sa vie simple et de ses joies dans une espagne résistante puis sortant de la guerre. Elle dit les confiances bafouées, son pays renaissant de ses cendres douloureuses et les compromissions qui l'accompagnent, et elle nous donne une superbe leçon de vie, elle si pleine de cet essentiel qui fonde le vrai bonheur de cette vérité simple que d'autres galvauderont jusqu'à se perdre.

C'est le premier livre de Chirbes que j'ouvre mais ce ne sera pas le dernier.

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