La valse des petits riens

Le simple plaisir d'écrire.

27 janvier 2008

La madeleine de Tilu

michka

MICHKA

« Michka s’en allait dans la neige en tapant des talons… »

C’était la première phrase de ce livre…. Et à chaque fois, ça ne ratait pas, je le suivais, je partais dans ses pas…

Michka était un ours en peluche rebelle, qui avait décidé de fuir la dictature d’une méchante petite fille... et moi je le soutenais, j’étais en colère contre cette Elisabeth qui le maltraitait.

Michka se promenait dans la forêt et enfin, respirait les grands espaces, comme un vrai ours… et moi je respirais avec lui.

Michka se gavait de miel… et moi j’adorais ça autant que lui !

Michka découvrait le mystère de Noël … et la magie opérait en moi. Un traîneau sans père Noël et Michka qui se trouve là, à distribuer les jouets en s’amusant… et moi j’étais lui.

Michka, petit ours si heureux d’être libre après le calvaire et qui comble de générosité allait retrouver son statut de jouet en s’offrant lui-même au dernier enfant de la tournée du renne…

Pour moi, Michka était alors plus qu’un héros, c’était le plus grand, parce que le plus tendre qui puisse exister. Michka était doux, Michka était volontaire, Michka était libre, Michka était courageux, Michka savait parler avec les yeux, Michka était capable de se donner pour rendre un enfant heureux.

Michka était mon idéal, j’aurais voulu être lui… Alors j’étais lui, à chaque fois que je feuilletais les pages de cet album du « Père Castor » dont je dévorais les mots autant que les images. J’avais 5 ou 6 ans la première fois que je l’ai lu toute seule, je connaissais déjà l’histoire mais la lire moi-même m’a fait me sentir plus libre, plus grande, comme Michka…

Ce conte qui me touchait profondément, je l’ai lu et relu des dizaines de fois. Et la dernière image de l’album est gravée en moi, où l’on voit le petit ours assis dans un sabot , le regard fixé sur un petit garçon endormi en attendant son réveil…

Quand je revois cette image, je me souviens de tous les sentiments mêlés que j’éprouvais : Admiration, bonheur, doute devant sa décision, joie pour l’enfant qui dort et qui ne sait pas encore la chance qu’il a d’avoir un ours pareil ! Et envie de serrer très fort ce petit Michka sur mon cœur.

Je raconte encore tous les ans cette histoire à mes élèves… Sur les derniers mots, j’ai toujours la voix qui se casse un peu, le nez qui picote et la vue qui se brouille.

Je crois qu’au fond de moi, Michka, c’est toujours mon héros…

Tilu

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La madeleine de Pivoine

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*

Mamé et la maison qui chante...

Ma petite Madeleine littéraire, celle que je choisis aujourd'hui, parce que pour moi, elle évoque la tendresse...

Tendresses familiales avant tout, douceur de la voix de ma maman qui me lisait et me relisait cette histoire, tant que je ne savais pas encore lire. Tendresse des choses de tous les jours, ravissement des objets de la cuisine, tasses roses, bleues, cafetière... Tendresse entre les hommes, les humains veux-je dire, et les bêtes... Pourquoi aimé-je tant cette histoire? Elle ne comporte guère de morale, contrairement à d'autres livres pour enfants qui me plaisaient moins. C'est tout simplement une histoire d'amour. Et je voudrais bien devenir une aïeule comme la Mamé de mon histoire, mais je ne sais pas si ce sera le cas un jour... Ou peut-être que les oiseaux seront plutôt des... Chats !

Cette histoire s'appelle " La maison qui chante ".

Texte et images d'Albertine Deletaille, éditions du Père Castor

Voici ce qu'elle raconte. 

C'est l'hiver. Mamé, le personnage de l'histoire est une vieille dame, à longue jupe grenat, qui toute transie malgré sa douillette en tricot noir, un fichu sur la tête, quelques mèches folles blanches auréolant un doux visage d'aïeule... Un genre d'aïeule que l'on aimerait bien devenir, Mamé est triste parce que c'est l'hiver et qu'il fait froid. Les enfants, les petits-enfants sont loin. Tant bien que mal, elle se réchauffe les mains autour de sa tasse de café. Sur la table, son petit déjeuner, un reste de tisane peut-être, le journal qu'elle ne lit pas et son tricot abandonné.

J'ai bien envie de tricoter, tiens, j'aimerais bien être une jolie vieille dame qui tricote dans sa maison...

Dehors, les oiseaux sont bien malheureux! " Mamé! J'ai faim! " " Mamé, j'ai soif! " " Mamé! S'il te plaît, ouvre-nous ta fenêtre!" Concert des oiseaux qui n'ont plus d'abri et ne trouvent plus que de l'eau gelée à boire et guère de brins d'herbe ou de vers à dévorer... Alors, Mamé ouvre sa fenêtre et secoue sa serviette. Les miettes s'envolent ! Les oiseaux sont à la fête et s'invitent. Mamé leur ouvre grand la fenêtre...

Et les voilà chez elle comme chez eux, se chauffant au coquetier, mangeant un bout de pain frais, une feuille de salade... Puis, ils explorent l'appartement! Une glace, une coiffeuse, des pots de verre et de parfum, un porte-manteau plein de vieux atours. Les voilà préparant leur nid, pour la nuit.

Et, quand vient le soir, chacun a trouvé sa place, dans la chambre de Mamé...

Qui, le lendemain matin, se réveille dans sa maison qui chante.

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Pivoine

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La madeleine de Tristale

alum

Ce livre là est resté a jamais dans ma mémoire….Cette "petite fille aux allumettes", adaptée d’un conte d’Andersen, je l’ai toujours aujourd’hui, dans la bibliothèque du petit dernier .

Qui me lisait ce livre ?? Mon père ? non. Ma mère alors ?? Non plus. Je crois bien que mes parents ne m’ont jamais lu d’histoire, du moins je n’en garde aucun souvenir . Ma mamie Georgette ? Cette femme au cœur d’or, a la tendresse rude, et au rire communicatif…peut-être ….

Ce livre était triste, si triste, cette petite fille seule dans les rues , dans le froid, j’avais de la peine pour elle, j’aurais voulu la sauver, lui acheter ses allumettes…..pourquoi alors lire et relire ce livre là ? Pourquoi est-ce celui là que j’ai avec moi encore, et donc je me souviens si bien ????

Sans doute que je me voyais un peu dans cette fillette, même si ma vie n’avait que peu de rapport avec elle. Suis-je toujours au fond de moi cette enfant là ????

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Rose_blanche

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La madeleine de Ekwerkwe

Combien y a-t’il eu d’orages, ce mois de juillet-là ? Un au moins, peut-être démultiplié par ma mémoire.

J’avais neuf ans. Devant la porte-fenêtre, je regardais, au-delà de la terrasse, le champ de blé prêt à être moissoné. Un horizon simple, fermé par un muret de pierres et quelques arbres secs. Ma sœur terrifiée se cachait dans la chambre en pleurant. Moi, tout en la méprisant vaguement, j’essayais – en vain – de dessiner les blés couchés par le vent, nappés de gris aveuglant par les éclairs. J’étais pleine d’émotions inexprimables.

Ma mère savait-elle ce qu’elle faisait en me donnant le roman qu’elle venait de lire ? Je ne le crois pas. Elle achetait un peu de paix, probablement, à une petite fille boudeuse, grognon, capricieuse. C’était la première fois que je lisais un livre d’adultes.

Je m’assis dans l’horrible fauteuil marron dont le faux cuir collait aux cuisses. Dans mon souvenir, l’orage a duré tout le temps de ma lecture. Je lus et relus le livre, sanglotant toujours aux mêmes endroits sans arriver à user mon chagrin.

Ainsi la vie, c’était cela ? ce qui m’attendait, dont les livres pour enfants parlaient si mal, ou ne parlaient pas. A neuf ans, se figea en moi une certaine idée de l’amour, de la mort et des engagements nécessaires. Parce qu’un soldat épuisé et pouilleux rentrait de la guerre, et que sa femme lui donnait un bain, le rasait, brûlait ses vêtements et le prenait dans ses bras. Parce qu’elle accouchait en souffrant. Parce qu’un idéaliste se faisait fusiller. Parce qu’autour des héros, tout un monde grouillait d’amours, d’idées, d’espoirs, de douleurs. Parce que la fatalité empruntait les chemins de la banalité. Parce que tout semblait, tout était vrai.

Quel était ce livre, que je n’ai plus voulu relire du jour où j’ai compris son importance ? Peu importe. Seuls comptent les souvenirs qui m’y ramènent, les fils subtils et fanés qui lient le présent aux images floues, violentes, de ces orages d’été et de ce roman qui a tout bouleversé.

Ekwerkwe

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La madeleine de Caro-Carito

zowiecouv

Noël a longtemps apporté au pied du sapin l’album de Spirou de l’année écoulée. J’y ai découvert Isabelle, Bidouille et Violette, l’agent 212…

Et Zowie, j’ai craqué pour ce petit bonhomme solitaire malheureux dans son pensionnat. Il possède un livre magique où il découvrira une multitude d’amis, Wolfgang, Coquelicot, Mange-Pierre… J’ai rêvé d’avoir la même chance. De vivre ses aventures… Je rêvais de le suivre… J’ai si longtemps rêvé d’un frère.


Maxime Le Forestier- Mon Frère
envoyé par hiphopmomo

*

J’ai usé les images. Une page par n°, et soudain… manquait la fin de l’histoire.

J’étais alors biens trop timide pour réclamer le tome que le Noël suivant n’amena pas.

C’est bien plus tard, chez un bouquiniste près de Bastille que j’ai retrouvé ce petit livre… J’étais grande, presque adulte. Pourtant ce petit livre reste un trésor de tendresse longtemps attendu.

                                                                                                                       

Et depuis une nouvelle version est apparue

Zowie6

Caro-Carito

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La madeleine de Papistache

Pas de livre dans ma première enfance — pour la seconde, merci, ça va bien — ; la première bibliothèque de classe — fermée à clef, sauf le samedi après-midi — seulement à partir du CM1 !

    Alors mes premiers émois, je les dois aux manuels scolaires. D’ailleurs, au panthéon de mes livres de cœur figurent nombre de ces ouvrages : « Poètes et prosateurs » en classe de 4e ! ! !

poucet

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Pour ses illustrations, gravées à jamais sur ma rétine — la palette des Fauves ! (mais je l’ignorais alors)— rouge, noir, jaune, orange, blanc, bleu, vert : « Poucet et son ami »

histblog

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Cependant, les émotions fortes, les sentiments d’injustice, la révolte, l’effroi, la compassion, l’empathie, la colère, l’admiration, le dégoût, la tristesse, c’est à un autre manuel que je les dois.

*

Sept ans. CE2. Elève appliqué et craintif, je reçois le manuel qui m’habitera toute ma vie et je ne le sais pas encore.

Les folies humaines, les cruautés, les actes de bravoure, la générosité me sautent à la face.

palissyblog

laonblog

ferreblog

*

L’évêque de Laon ! La hache suspendue au-dessus de sa gorge tendue. Et Vercingétorix !

« Jules César donne l’ordre de l’enchaîner et l’emmène prisonnier à Rome, où il le fait égorger six ans plus tard. »

Toutes les pages, je les ai relues puis relues. Le grand Ferré, Bernard Palissy, Jeanne d’Arc, Bayard et Bara.

Bara ! […] crie « Vive la République ! » et meurt percé de coups.

Et « pendant que le peuple meurt de faim, les incroyables et les merveilleuses ne s’occupent que de leurs plaisirs » sans oublier que « toute sa vie, Vincent de Paul secourt les malheureux. » et « L’expédition commandée par Magellan met trois ans pour faire le premier tour du monde ! »

Un livre d’histoire écrit au présent. Le présent des historiens, je l’apprendrai plus tard.

En allant à l’école, en revenant, sur le trajet, je suis Bayard ou Napoléon sur le pont d’Arcole. Je sauve Jeanne d’Arc, je console madame Palissy, et la mère du petit Joseph Meister. Je sens la baïonnette des chouans s’enfoncer entre mes omoplates. Aujourd’hui encore, je la sens.

barablog

Je suis ce gamin qui prend une taloche en 1848 dans une filature où je travaille douze heures par jour pour quelques sous. La main de Charlemagne se pose sur MON épaule.

« Autrefois, quand ils [votre papa et votre maman] étaient petits, ils étaient moins gâtés que vous, ils avaient moins de jouets. Les automobiles étaient moins belles. Il y avait moins d’avions dans le ciel et… pas de T.S.F. »

Mme Personne, MM. Ballot et Marc, je vous adresse mes plus vifs remerciements ainsi qu’au délicat travail de l’illustrateur Georges Garbaye. Maintenant, je puis le faire. Autrefois, j’ignorais même qu’il se trouvait quelqu’un à l’origine d’un livre. Le Livre existait, c’était tout, c’était bien.

Papistache

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21 janvier 2008

Vos "livres-madeleines"

madeleines

Je vous convie à les déguster ce dimanche

à l'heure du thé....

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07 janvier 2008

Le "livre-madeleine"

Livres_enfants

Racontez moi...

Les premières lignes lues et aimées,

Vos sourires ou vos rêves d'enfant entre les pages glissés,

Votre "livre-madeleine".

*

*

*

Pour dans 15 jours à mon adresse mail comme la dernière fois...

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18 novembre 2007

La madeleine de Caro

Avant tout propos :

Pour savourer cette madeleine musicale

Prendre le large jusque ici et aussi ici.


César Vallejo:

Yo nací un día que Díos estuvo enfermo

Je suis né un jour où Dieu était malade.

Je ne suis née : ni ici, ni ailleurs


Un vieux vinyle sur la platine. L’enfant caresse la pochette criarde. Elle s’attarde sur la jupe couleur châtaigne identique à celle qui a été remisée au grenier.

Lucha_Reyes

Elle attend la fin des premiers couplets. Sa mère lui raconte immanquablement, par bribes, son enfance. Les facéties fraternelles, les douces absentes, mère, soeur. Une antique voiture américaine où une jeunesse rieuse s’égare sur d’interminables banquettes.

Le père est au loin. Un chantier. Elles, elles sont restées dans cette ville de béton, de briques et de pluie. Serrées l’une contre l’autre. Il est cinq heures et tous prennent un lunch. Une ribambelle d’oncles, de cousins et cousines avale thés et pains briochés. La vieille cuisine est glaciale. L’improbable récit du grand-père, Don Adrian. Son épopée en motocyclette pour ne pas rater l’enterrement de son meilleur ami. Ils rient tous, à perdre haleine. Les larmes pointent au coin des yeux de la femme et de l’enfant. Un été sur deux : Lima la grise, l’humide capitale coloniale. Elles frissonnent. La femme aux cheveux grisonnant remet le disque.

Les murs tapissés de liberty. La musique grésille. La presque enfant soupire. Parcourir les rues de Barranco, se bercer du passé qui s’accroche, têtu, aux façades vives. Elle entend le rythme régulier des chevaux de paso de la Côte. Elle le devine à l’ombre des eucalyptus argentés. Ses copines traînent au milieu des garçons et des flippers. Elle est restée. Trop brune, trop pensive. On lui préfère les autres Catherine aux douceurs de roses. Dissonance. Elle rembobine la chanson. Elle attend son vol charter.

Un studio. Un hôtel. Ses doigts froissent une photo. Un cliché de trop, d’une passion en miettes. Elle sort de son sac un baladeur. Les notes s’emballent, comme toujours. Manifestement, lui a redit son professeur de danses latines, elle ne sait pas ajuster ses gestes. Le tempo des autres glisse sur elle, elle n’a pas le sens de la mesure. Elle vagabonde, se cogne contre les hommes. Elle serre si fort les notes ; se souvenir d’une autre grève. Sentir sur sa peau la caresse des embruns et le chuchotis d’un baiser. Retourner au paradis rêvé. Ici, elle est en transit.

Au milieu des cris des enfants de la maison blanche, son esprit bat de l’aile. Une boîte à mémoire laisse échapper des notes désuètes. Elle s’attarde entre deux rives. Au delà du vacarme, entendre son pas fouler le chemin de terre ; une silhouette élégante qui chemine.

Une tête brune apparaît dans l’embrasure de la porte. Un fils. Un époux. Est-elle là ? Elle acquiesce. Trop brièvement.

José. José Antonio de Barranco. La presque enfant s’est faite illusionniste. Tu l’entends, n’est-ce pas, se raconter une famille…

Caro

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La madeleine de Val

Il fait chaud. Trop chaud. Je suis assise à l’arrière de cette voiture qui mange l’autoroute depuis des heures. C’est long…

Parfois on discute de tout et de rien. D’autre fois on se tait. On ne sait plus vraiment quel sujet aborder. Je suis réservée. Je n’ose pas. Je suis impressionnée par ces gens si brillants et cultivés. Mes mots se tarissent. Le couple n’ose pas non plus . Ils ont probablement peur que leurs questions répétées finissent par me mettre mal à l’aise.

Lui, il est assis à mes cotés. J’ai le droit à un sourire complice chaque fois que je tourne la tête en sa direction. Nul besoin de se parler. On sait pourquoi on est assis là, dans l’auto de ses parents, et on est pressés.

Cet album tourne en boucle depuis des heures. C’est agaçant. J’aime pas ces chansons, qui m’agressent depuis notre départ. J’aime pas cette voix. J’ai peur que ces refrains désagréables me restent en tête, alors je m’efforce de penser à autre chose.

J’ai envie d’arriver. J’ai envie de sortir de la voiture. J’ai envie d’être seule avec lui et qu’il me serre dans ses bras. Dix jours entiers ensemble ! Je suis fiévreuse rien que d’y penser. J ‘ai envie de le regarder encore. J’ai envie de son sourire posé sur moi, faute de mieux pour le moment…Je le regarde une fois de plus. Il ne sourit pas, il rit. Il a l’œil qui pétille et le sourire moqueur. Je ne connaissais pas ce visage si caustique. Il me plait. Chacun de ses gestes, de ses regards, de ses expressions, de ses mots, me fait vibrer.

Il ouvre la bouche. Il demande à son père d’un air taquin, de changer un peu de Cd « Sinon, Valérie va finir par regretter d’être venue ». Sa Maman rit. Elle non plus elle n’aime pas. Personne ne supporte plus ce CD. Personne n’osait rien dire pour ne pas vexer le conducteur. Le Papa capitule, vaincu à trois contre un. Son épouse met la radio.

Les dix jours durant on se moqua de son Papa et de ses goût musicaux, parfois jusqu’au fou-rire. Bon prince, il prenait nos railleries avec le sourire.

Les dix jours durant on ne s’est pas quittés, lui et moi. Pas dormi. A peine mangé. Osmose totale, mais éphémère…

Sur le chemin du retour, la mort dans l’âme à l’idée de se quitter, on a crée la surprise en demandant à ses parents de nous remettre une fois le CD. Juste une dernière fois, pour que ces airs affreux nous restent en tête, comme ce séjour inoubliable.

Cette chanson (et les autres du même album) je l’avais toujours détestée. Maintenant, quand je l’entend par hasard (je ne l’écoute jamais exprès) , elle me rappelle un regard infiniment amoureux, et des bras tendres qui me serraient.

Non, non ! Pas de regret !

Elle est là.

Posté par valse à 16:00 - Les madeleines de notre enfance - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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