06 mai 2008
Un siècle de Novembre
Il y a cet homme que l'on sent paisible et accompli au milieu de ses pommiers sur l'île de Vancouver à qui le destin va enlever successivement sa femme Laura et son fils Billy. Charles Marden va alors entreprendre, comme une évidence, un long voyage pour gagner les Flandres et poser ses pieds sur cette terre qui a englouti son fils et où la guerre s'éteint doucement. En route, il comprendra qu'une jeune femme le précède et c'est vers elle aussi que sa quête le conduit.
Il y a de la dignité et de la retenue chez Charles Marden, une émotion pleine mais sans aucune tendance à glisser vers le larmoiement. Une douleur brute, sèche et efficace, de celles qui permettent d'avancer. Presque tous les personnages rencontrés pendant son périple sont à cette image, intenses et graves. Des bribes de vie que l'on oublie pas, des espoirs et des renoncements et le silence qui transporte cet essentiel qui ne peut plus se dire. On glisse avec lui le long de ces paysages ravagés, sous le vent sec, avec les odeurs, les gris et l'atmosphère délavée des tranchées.
Ce livre est la rencontre d'un père avec les derniers jours de son fils mais, au delà, un message universel auquel je ne trouve pas de mots, sans doute parce qu'il se comprend mieux sans.
Merci à Antigone de m'avoir permis de lire cet essentiel livre voyageur.
05 mai 2008
Etre
Parfois et sans raisons, il y a cette mise en abîme terrifiante qui nous force à ouvrir les yeux sur le douloureux spectacle de notre réalité. Ces jours là...Il faut retrousser les jupes du rire.
04 mai 2008
Dimanche saveurs
Après la promenade au marché
En cuisine !!!!
Bon dimanche à tous.
Edit du lendemain
03 mai 2008
Samedidéfi
Cette semaine
" Si j'étais invisible..."
02 mai 2008
Lydia
Elle n'était pas dans les manifestations d'hier. La politique, il y a longtemps qu'elle a décidé que ce n'était pas pour elle. Bonnet blanc et blanc bonnet. J'aimerais lui dire que non.
Elle travaille dur, elle fait le ménage dans le lycée de ma fille et elle ne fait pas semblant. Quand elle vient me voir c'est toujours pour que je l'aide à remplir ses papiers, à faire ses courriers, elle n'ose pas me déranger pour "rien". Ça me fait sourire, j'espère qu'elle viendra un jour juste pour le plaisir d'un thé et le soleil qui ruisselle sur les murs de mon balcon. Elle ne s'en sort pas. Le salaire minimum, un loyer de plus de la moitié, deux adolescents de l'âge des miens. Elle est de ces gens qui ne voient le mal nul part, qui offrent avec le sourire ce qu'ils n'ont pas et n'osent pas faire le premier pas pour réclamer ce à quoi ils ont droit.
Des retards dans le paiement du loyer, un lourd crédit pour payer une école privé de coiffure à sa fille, laquelle n'y met plus les pieds depuis des mois, une misère alimentaire indescriptible. C'est pourtant la France qui se lève tôt Lydia, c'est la France qui se lève tôt et qui n'a pas peur de travailler, c'est aussi celle qui ne peut pas acheter de fruits et de légumes, celle qui attend d'avoir un abcès et 40 de fièvre avant de voir un dentiste, celle qui espère depuis des mois le logement social qui lui permettrait de respirer un peu.
Elle est reparti avec son papier, le sourire dans les yeux, ne sachant que dire pour me remercier. Je me suis assise sur mon balcon, le soleil avait une délicate odeur de bonheur, j'ai regardé ma vie comme si le rideau se levait pour la première fois: c'est fou ce qu'on peut être heureux sans le savoir.
01 mai 2008
Deux brins
" Un homme qui se noie cherche
à s'agripper même à une paille de riz "
Proverbe chinois.
30 avril 2008
Légèreté
Je sais, je te fais rire avec mes envies de légereté, je te fais rire car toi tu sais qu'il n'y a jamais aucune liberté, qu'il n'y a que des terres qui engluent, qui compressent et qui emprisonnent. Pourtant, quand tu me regardes les deux pieds enfoncés dans le sol à espérer ouvrir la porte des possibles parce que j'accroche mon regard sur deux pauvres nuages en forme de liberté, ne pourrais-tu esquisser un geste dans la même direction juste pour m'aider à y croire ?
28 avril 2008
Camille Claudel
Il y a chez cette artiste
Une émotion,
Un élancement presque douloureux,
Qui me parle.
.
« Je lui ai montré où elle trouverait de l’or,
mais l’or qu’elle a trouvé est bien à elle. »
Auguste Rodin
23 avril 2008
Ma nuit
Ce serait la nuit,
J'apprivoiserais le silence en écoutant les préludes de Chopin,
Je tiendrais du vide en équilibre au bout de mes doigts,
Pour donner de la légèreté à mes mots.
Et j'écrirais, j'écrirais,
J'écrirais encore...
22 avril 2008
Economie de maux
Elle avait comme une vapeur au fond des yeux
et un mot,
un simple mot,
n'importe lequel,
aurait pu en faire un orage.







