04 mai 2008
Dimanche saveurs
Après la promenade au marché
En cuisine !!!!
Bon dimanche à tous.
Edit du lendemain
03 mai 2008
Samedidéfi
Cette semaine
" Si j'étais invisible..."
02 mai 2008
Lydia
Elle n'était pas dans les manifestations d'hier. La politique, il y a longtemps qu'elle a décidé que ce n'était pas pour elle. Bonnet blanc et blanc bonnet. J'aimerais lui dire que non.
Elle travaille dur, elle fait le ménage dans le lycée de ma fille et elle ne fait pas semblant. Quand elle vient me voir c'est toujours pour que je l'aide à remplir ses papiers, à faire ses courriers, elle n'ose pas me déranger pour "rien". Ça me fait sourire, j'espère qu'elle viendra un jour juste pour le plaisir d'un thé et le soleil qui ruisselle sur les murs de mon balcon. Elle ne s'en sort pas. Le salaire minimum, un loyer de plus de la moitié, deux adolescents de l'âge des miens. Elle est de ces gens qui ne voient le mal nul part, qui offrent avec le sourire ce qu'ils n'ont pas et n'osent pas faire le premier pas pour réclamer ce à quoi ils ont droit.
Des retards dans le paiement du loyer, un lourd crédit pour payer une école privé de coiffure à sa fille, laquelle n'y met plus les pieds depuis des mois, une misère alimentaire indescriptible. C'est pourtant la France qui se lève tôt Lydia, c'est la France qui se lève tôt et qui n'a pas peur de travailler, c'est aussi celle qui ne peut pas acheter de fruits et de légumes, celle qui attend d'avoir un abcès et 40 de fièvre avant de voir un dentiste, celle qui espère depuis des mois le logement social qui lui permettrait de respirer un peu.
Elle est reparti avec son papier, le sourire dans les yeux, ne sachant que dire pour me remercier. Je me suis assise sur mon balcon, le soleil avait une délicate odeur de bonheur, j'ai regardé ma vie comme si le rideau se levait pour la première fois: c'est fou ce qu'on peut être heureux sans le savoir.
01 mai 2008
Deux brins
" Un homme qui se noie cherche
à s'agripper même à une paille de riz "
Proverbe chinois.
30 avril 2008
Légèreté
Je sais, je te fais rire avec mes envies de légereté, je te fais rire car toi tu sais qu'il n'y a jamais aucune liberté, qu'il n'y a que des terres qui engluent, qui compressent et qui emprisonnent. Pourtant, quand tu me regardes les deux pieds enfoncés dans le sol à espérer ouvrir la porte des possibles parce que j'accroche mon regard sur deux pauvres nuages en forme de liberté, ne pourrais-tu esquisser un geste dans la même direction juste pour m'aider à y croire ?
28 avril 2008
Camille Claudel
Il y a chez cette artiste
Une émotion,
Un élancement presque douloureux,
Qui me parle.
.
« Je lui ai montré où elle trouverait de l’or,
mais l’or qu’elle a trouvé est bien à elle. »
Auguste Rodin
23 avril 2008
Ma nuit
Ce serait la nuit,
J'apprivoiserais le silence en écoutant les préludes de Chopin,
Je tiendrais du vide en équilibre au bout de mes doigts,
Pour donner de la légèreté à mes mots.
Et j'écrirais, j'écrirais,
J'écrirais encore...
22 avril 2008
Economie de maux
Elle avait comme une vapeur au fond des yeux
et un mot,
un simple mot,
n'importe lequel,
aurait pu en faire un orage.
21 avril 2008
Louise
Amusement à quatre mains avec Val
Incipit :" La passion des femmes" de Sébastien Japrisot .
Je ne dirai ni le jour, ni le mois, ni l'année. Ni où la chose m'est arrivée. Si ce récit tombe sous les yeux de qui me connaît, je ne veux pas qu'on puisse faire le rapprochement avec celle que je suis devenue. De toutes façons cela n’a aucune importance. Ce flou ne gêne en rien la compréhension. Seuls les faits comptent. Je ne veux restituer que l’événement dans sa forme la plus brute.
Tout est si limpide, à présent. Chaque détail me revient avec une précision déconcertante. Il pleuvait. Je sentais de fines gouttes d’eau se déposer dans mes cheveux, puis descendre le long de mon front. J’étais trempée, et mon corps frissonnait au contact du vent. J’étais perdue. Le paysage autour était dissimulé sous un épais brouillard. Je me concentrais pour tenter de distinguer un chemin, un panneau, une maison.
Ce matin là, un besoin oppressant de partir avait griffé les rives de mon discernement, une envie impérieuse comme une épine malsaine piquée en pleine chair et que l’extraction seule soulage. Alors au carrefour d’en bas, quand le feu était passé au vert je n’avais pas tourné à gauche comme tous les matins pour aller garnir les rayons de la supérette qui m’embauchait mais à droite en direction du soleil. C’est arrivée en haut du col que j’ai vu que ma réserve d’essence était au plus bas. Il était à peine 10 heures et j’étais seule sur cette route de montagne déserte. Sans le vent glacé et la pluie dense j’aurais sans doute trouvé la situation romanesque. De toute façon, à cette époque tout ce qui de près ou de loin m’éloignait de la crasse de mon quotidien me semblait romanesque.
Il pleuvait et je cherchais. C’est l’esquisse d’une lumière rouge crevant la brume qui a orienté mes pas sur un chemin de terre, une sorte de sentier de randonnée qui s’échappait de la route. De longues crevasses sur ses bords indiquaient que de nombreuses voitures l’empruntaient. Mes pieds s’enfonçaient dans la boue, ma jupe ruisselante me dessinait comme une seconde peau accentuant le bombé de mes cuisses, je marchais depuis de longues minutes, j’étais épuisée. Un chien battu aurait eu plus fière allure. Je me souviens mon soulagement mais aussi ce sentiment d’angoisse diffus quand au bout du chemin mon regard s’arrima à une grande bâtisse de pierre soigneusement restaurée avec sur la façade un moulin rouge clinquant qui clignotait avec application. Je n’en croyais pas mes yeux. Je n’étais passée devant qu’une seule fois, j’avais déjà vu des affiches le représentant, des photos de lui… Comment était-ce possible ? En haut de cette montagne, au milieu de nulle part, se trouvait une réplique du moulin rouge. La surprise passée, je me suis dit qu’il appartenait peut-être à un amoureux du music-hall, qui en avait construit une réplique pour lui seul, dans cet endroit reculé. Peut-être avait-il été réalisé par un architecte pour une ancienne danseuse nostalgique ? La pluie redoubla, et arrêta là mes interrogations . J’avais froid, j’étais trempée, et il fallait que je trouve de l’aide, ou du moins un abris. Je m’approchai de la porte vitrée, au-dessus de laquelle Moulin Rouge était inscrit en lettres capitales et lumineuses, et je fut surprise qu’un portier m’ouvrit aussitôt. L’homme, plutôt rustique d’apparence, ne sembla nullement étonné par ma présence et alors même que je m’apprêtais à raconter mes mésaventures il s’adressa à moi d’une voix grave :
- On avait fini par croire que vous ne viendriez plus. Je m’en vais dire au patron que vous êtes là. Pour sur, z’auriez du passer par la route du devant, celle-ci quand il pleut, elle n’est pas facile en voiture. Allez, entrez vite.
Je ne me fis pas prier : me mettre au chaud, voilà une grosse demi-heure que j’en rêvais. L’homme parti chercher celui qu’il appelait « patron » et je profitais de son éloignement pour faire glisser mon regard de long en large. Le hall était immense, il donnait sur une salle de spectacle rouge et clinquante tout aussi grande. La finalité de cet endroit me sembla claire, tout autant que la méprise du « patron » quand il vint à ma rencontre. Il attendait une danseuse, il pensait que j’étais cette personne, et sans que je puisse aujourd’hui m’expliquer pourquoi, je ne le détrompai pas.
« Ah, te voilà enfin ! Je savais que tu finirais par revenir ! Si tu savais comme je t’ai attendu, Louise… Tu n’as pas changé. Prépare-toi. Ce soir, tu es ma tête d’affiche comme au bon vieux temps. Comme avant, Louise ! Tu m’entends ? Comme avant ! Je te laisse l’après midi pour te reposer et te préparer. Paul va te conduire à ta loge. Une loge rien que pour toi, Louise! Ce cabaret t’est entièrement destiné ».
Cet homme semblait si sincèrement ému que je n’osai pas le contredire. Et puis, pour être tout à fait franche, une petite voix intérieure m’ordonnait doucement de ne pas me m’opposer. J’avais toujours rêvé, comme une chose impossible, de lever la jambe très haut, entourée d’hommes saoulés par la fête, et de m’enivrer à la fois de danse et de leurs souffles alcoolisés. Moi, la jeune femme rangée et sérieuse, j’avais toujours lutté contre toutes ces folies que m’imposait mon monde imaginaire. Mon éducation, le regard des gens, ma moralité, m’avaient toujours empêché d’écouter mes envies. Depuis que j’étais femme, je me faisais violence pour les refouler. Ce jour là, j’étais lasse. Lassée de lutter et prête à l’abandon. D’autant plus que cet abandon pouvait se faire ici, dans cet endroit reculé, presque irréel. Bien à l’abris du regard de mes proches. « Ce soir, je serai Louise », m’étais-je dis, tremblant d’excitation et d’appréhension à la fois. Je suivi ce Paul, qui m’avait ouvert la porte quelques instants plus tôt, dans d’étroits couloirs aux lumières tamisées, aux murs tapissés de moquette rouge, et parés d’affiches de spectacles et de portraits de danseuses. Il s’arrêta devant une porte de loge, sur laquelle était accrochée une affiche très célèbre que je reconnu immédiatement. Juste au-dessus, je vis une élégante plaque rouge sur laquelle un nom en lettres argentées était gravé : Louise Weber. Je dois bien l’avouer, si je n’avais aucun doute sur le genre artistique de la maison, ce nom et ce prénom ne représentaient rien pour moi. Une danseuse, une danseuse de charme à laquelle je devais certainement ressembler, voilà ce que j’avais pensé en glissant mes jambes encore tremblantes de froid dans les jupons de dentelle fine.
Ce sont les gravures qui tapissaient les murs de la loge qui m’ont guidée ce soir là, la courbure de leurs corps, l’arabesque nerveuse de leurs jambes, le déhanché aguicheur de leurs reins. C’est en pensant à elles que je me suis essayée sur la scène sur une bande son tapageuse et un rien démodée. Ne semblant voir aucune de mes hésitations le patron jubilait, sa face se gorgeait d’enthousiasme et il déblatérait sans fin sur l’extraordinaire première qui s’annonçait. Vous dire ce que l’on ressent la première fois, la première fois que la clameur de la salle vient vous étreindre. C’est une sensation impossible à décrire, quelque chose entre l’orgasme et la brise légère qui balaye le visage de l’alpiniste qui vient de vaincre l’Everest. Toute en frénésie de dentelle, je glissais sur les quadrilles, j’encanaillais l’échancrure de mes corsages, je laissais le désir de ces hommes dont je ne savais rien se glisser comme le plus fin des rubans le long de ma peau soyeuse. Il y eut ce premier soir, et tellement d’autres soirs. J’étais la reine, la « Goulue », le centre de toutes les attentions, de toutes les convoitises et enivrée, boulimique de leurs passions, du feu de leurs prunelles, je dansais à m’en perdre. Certains soirs, si je laissais divaguer mon regard, monter les vapeurs de l’alcool, j’apercevais Toulouse Lautrec recroquevillé sur un coin de table à croquer ma silhouette.
Combien de jours, de mois, d’années : ça n’a plus d’importance. J’ai retrouvé un beau matin le chemin du soleil que j’étais partie chercher. J’ai laissé pousser mes cheveux, pris quelques kilos et personne n’irait imaginer Louise derrière cette mère de famille douce et attentive qui accompagne deux petites têtes blondes sur le chemin matinal de l’école. Et pourtant, sous les secrets replis de mon écorce, Louise brûle encore.
20 avril 2008
Consigne 67
Photo de Coumarine
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Consigne 67 de Paroles-Plurielles:
Vous vous mettez dans la peau d'un des personnages. L'incipit: "Il faut absolument que je pense à..."
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Il faut absolument que je pense à ne pas grandir.
Regarde-les, têtes plongées dans leurs assiettes, pensées phagocytées par le quotidien. Sur la terrasse, le soleil danse dans le sautillement des corps qui passent mais ils ne tourneront pas la tête pour le voir. J’aimerais que maman demande à ce vieux monsieur aux cheveux blancs si ses frites sont bonnes, s’il a ses habitudes ici. J’aimerais proposer au jeune homme de nous lire un passage du livre qui absorbe toute son attention, mais si je le fais maman trépignera et ses yeux rouleront des éclairs de réprobation. Je suis sûre que la jeune femme de gauche est professeur de solfège. Un deux trois, un deux trois, elle mange au rythme d’une pièce en ternaire.
Ils ne lèveront donc jamais les yeux ?
Ensembles, ensembles et seuls. Je ne veux pas finir cloîtrée dans cette solitude hurlante qui érige des défenses plus hautes que la muraille de chine.
Il faut absolument que je pense à ne pas grandir.







