La valse des petits riens

Le simple plaisir d'écrire.

18 novembre 2007

La madeleine de Rsylvie

Ma madeleine musicale est dans une bouteille. Elle est gracieuse. Il faut dire que d’ordinaire ils n’ont pas droit aux confiseries les petits rats de l’opéra ! Alors pas de grignotage au fond d’un placard. Et ainsi, l’on est gracile et fine comme une hirondelle. Pas de redondance ni de couleur tendrement sucrée, quand on veut danser toute une éternité, dans une bouteille d’eau de vie… il faut savoir souffrir pour se faire applaudir.

Ma Madeleine s’appelle Carole. C’est une petite fille de 6-8 ans qui n’a d’yeux que pour la merveille en blanc, qui tourne sur la pointe des pieds. Au rythme d'une sonate que martellent de mystérieuses baguettes d'acier, que remonte manuellement mon père.

-Attention ma fille. C’est fragile et le mécanisme précieux.. on regarde avec les yeux… n’y touche pas !

La Madeleine de mon enfance a bercé les longues veillées d’hiver quand nous allions passer les fêtes de fin d’année à la foret. Elle était notre illumination du soir et sa ritournelle berçait le crépuscule de mes nuits. Comme le marchand de sable, elle m’accompagnait sur le chemin des rêves. Longtemps elle a enchanté mes souvenirs…. Mais un jour, nous avons retrouvé sur le sol, la jolie bouteille en milles étincelles acérées. La blessure était proportionnée à la douleur d’un rêve brisé. Le mécanisme avait résisté au choc. la délicate ballerine tournait toujours sur son axe. Mais elle n’avait plus sa précieuse demeure de verre. Le charme était rompu.

J’ai toujours chez moi la gracieuse demoiselle. Son tutu s’est émietté au vent du temps. Doucement il m’arrive de pousser la contre-visse, de tourner délicatement la clé, et la magie de l’enfance s’opère, à nouveau…. Ma petite luciole danse pour moi au son de la musique de mes jeunes années.

Et puis il y a 1 mois, au détour d’une brocante. J’ai aperçu une bouteille d’eau de vie splendide, qui protégeait précieusement de sa robe de verre, une jolie petite danseuse en tutu rouge…. Les aiguilles de mon cœur ont remonté le temps, j’entendais la musique qui m’appelait…

-Attention ma fille. C’est fragile et le mécanisme précieux…. Du regard, j’ai cherché un vendeur.

-On regarde avec les yeux… n’y touche pas !

J’ai demandé si je pouvais ?

J’ai poussé la contre-visse.

J’ai tourné délicatement la clé… magie de l’instant.

Simple bonheur de la vie.

Papa était à mes cotés. Tous les deux nous partagions au coin du feu, le bruissement d'un jupon blanc aux résonances mélancoliques. J’ai acheté la précieuse bouteille. Et depuis 1 mois, presque tous les jours, je redeviens la petite Carole. Qui regardait une jolie Madeleine au cœur d’une bouteille d’eau de Vie.

Les enfants sourient tendrement … moi aussi.

danseuse

Rsylvie

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La madeleine de Tilu

Un souffle chaud et doux m’enveloppe... Le souffle de quatre flûtes me couvre de sa couette douce. Je suis recroquevillée au fond d’un des deux gros fauteuils jaunes du salon, assise sur mes petits pieds emmitouflés dans des chaussons chaussettes tirebouchonnés sur mes chevilles. J’ai deux ans peut-être trois, bien au chaud dans mon pyjama en pilou tout doux, je serre dans mes bras ma poupée au corps de chiffon, la même que dans la télévision.

Je suis là comme tous les soirs ou presque, les yeux rivés sur la lucarne éclairée, les yeux perdus dans l’histoire qui vient de se terminer.

Je regarde partir ce nuage de coton au loin, Nounours me fait signe de sa patte rien qu’à moi. Et la douce mélodie si simple, à quatre voix de flûtes douces me cocoone et me berce déjà.

Lorsque je l’entends maintenant mes yeux picotent encore du sommeil naissant de mes nuits d’enfant. Cette petite musique du soir qui tirait doucement le rideau sur ma journée de gamine curieuse et active pour me déposer dans les bras de Morphée est gravée en moi comme un moment magique de bien-être tendre et calme.

Je n’ai su que bien, bien plus tard que c’est Pergolèse qui l’avait écrite. Est-ce grâce à elle qu’est naît mon amour pour la flûte à bec qui fut mon premier instrument de musique bien avant que le collège me la fasse connaître ? Est-ce grâce à elle que toutes les musiques de Pergolese me touchent autant maintenant ?

Je ne sais pas…

Mais je sais qu’à chaque fois que j’entends cette mélodie toute la douceur de ce moment d’enfance me revient comme une grosse bouffée de tendresse…

Tilu

(Les références du morceau : « les tendres souhaits », ou « Ne suis-je que fougère » de Giovanni Battista Pergolesi par le quatuor Sirinx , mais pour tout le monde ,c'est l'air que joue le marchand de sable de « Bonne nuit les petits » quand il s'en va après avoir jeté son sable lors du générique de fin.)

1962_bonne_nuit2

Cliquez sur la photo

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La madeleine de Papistache

Deux notes

Papa arrivait, lancé sur son vélo à la couleur indéfinissable. On soupçonnait qu’il avait pu être bleu ou vert. Son pied gauche partait à la rencontre du pied droit en traçant dans l’air une courbe qui survolait élégamment la roue arrière.

Papa sautait en pleine course, pieds joints, sur le trottoir, ses deux mains serrées sur les poignées de freins.

Midi trente. A l’approche du numéro 17 de la rue du Bout-Aux-Bouseux, il actionnait l’avertisseur de sa bicyclette. On disait la sonnette de son vélo. Puis, pour confirmer son arrivée, juste avant d’entamer son effet acrobatique, il doublait le son de la sonnette d’un sifflet aigu. Deux notes.

— Maman ! Papa a fait “fifut” !

Maman pouvait servir le déjeuner. Dans trente minutes Papa repartirait. Huit kilomètres, de nouveau, pour pointer à l’usine. Il aurait pu manger sur place. Son “fifut” aurait été perdu.

Le même “fifut” que les ouvriers du bâtiment lançaient aux jolies filles qui longeaient les échafaudages. Maman, la première, en nous conduisant à l’école maternelle.

— Maman, papa a fait “fifut” !

— Non, ce n’est pas papa !

Epouse-Resplendissante à son tour, sifflée par de gouailleurs peintres en bâtiment.

— Papa ?

La vue des ouvriers du bâtiment baisse, Epouse-Toujours-Séduisante n’entre plus dans leur champ de vision. Au bras de mes filles, peu souvent, mais c’est vraiment que la crainte de respirer de l’amiante sèche le gosier de la profession.

— “Fifut !”

Papa, cheveux noirs et drus, élève gracieusement la jambe et retombe, leste, face au portail. Maman peut servir le déjeuner ! Dans une demi-heure, le vélo — vert ou bleu — repartira, qu’il vente ou qu’il pleuve.

Papistache

*

*

*Film_de_jacques_tati

Image d'un film de Jacques Tati

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L'heure des madeleines

madeleines

rappel

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12 novembre 2007

Dimanche prochain à l'heure du thé

madeleines

Nous goûterons vos madeleines.

J'adore la saveur de celles que j'ai déjà reçues.

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03 novembre 2007

Votre madeleine.

madeleines

Voilà, j'ai très envie que vous me racontiez votre madeleine musicale, cette chanson, cette mélodie, ces seulement  trois petites notes peut être qui vous plongent à coup sûr au berceau de vos souvenirs, vous ramènent au parfum votre enfance.

A vos plumes !!!!!

J'suis gentille je vous donne jusqu'au 18 novembre

kloelle@wanadoo.fr

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02 novembre 2007

Madeleine musicale.

Elle ne sait plus comment ce disque était arrivé à la maison, dans cette maison où on ne fêtait pas les anniversaires et si peu noël. Un ami avait sans doute offert ce 33 tours en remerciement d'un service rendu et c'est assurément en pensant à la petite fille trop sage qu'il avait choisis celui là, avec un château de princesse et une forêt magique en couverture.

Dire qu'elle l'a écouté son disque serait peu dire, je crois qu'elle l'a épuisé. L'histoire de la princesse endormie, de sa fée bleue et de son prince charmant elle la récitait plus vite que la conteuse. Et puis il y avait cette musique, cette si belle musique. Pour dire vrai, elle a fini par ne l'écouter que pour la musique, pour ce torrent d'émotions, ces tressaillements qui prenaient vie en elle, pour son coeur qui battait plus vite, pour ses rêves qui trouvaient le courage de s'envoler.

Elle ne savait pas encore lire alors c'est plus tard qu'elle a su que c'était Mozart, bien plus tard qu'elle a reconnu le premier mouvement de la 40ième symphonie.

Quand elle l'écoute maintenant, il y a un sourire sur son visage, le sourire du trop de bonheur d'autrefois.

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